29 décembre 2018

Mon voyage durant 3 mois en Nouvelle-Zélande ne peut se faire sans rencontrer quelques céramistes. Bien que ce pays soit très jeune et vaste, on peut trouver de nombreux artistes-artisans dans les villes. Céramistes, peintres, bijoutiers, ébénistes… Même dans les zones les plus isolées, on sent que l’art joue un rôle majeur dans la vie locale. Ainsi, on peut accéder à la production artistique dans différents marchés locaux, voir des œuvres dans de nombreuses galeries mais aussi dans des lieux plus alternatifs.

Mandy Gargiulo est une céramiste autodidacte vivant et travaillant à Nelson, dans le nord de l’île du Sud. Ayant prévu de découvrir la région Abel Tasman durant quelques jours, il était évident pour moi de prendre contact avec cette artiste dont j’admire le travail sur les réseaux depuis quelques mois.

C’est au Red Art Gallery & Café à Nelson que j’ai rendez-vous avec Mandy, où elle expose. Comme dans de nombreux espaces de ce type en Europe, le concept propose un espace galerie-vente en parallèle à celui destiné à la restauration.

Lumineux et spacieux, l’intérieur met en valeur les pièces des différents créateurs locaux avec une scénographie intelligente. Par exemple, les oeuvres de Mandy sont installées de manière à trouver un certain écho avec les peintures d’un artiste voisin.
La céramiste m’accueille avec un sourire qui transmet instantanément sa gentillesse et sa générosité et, c’est autour de ses créations que nous faisons connaissance. Nous parlons de son processus de travail, de son approche artistique mais aussi de son parcours.

On se surprend à savoir que Mandy produit de telles pièces depuis seulement 4 ans.

En effet, mère de 5 enfants et ancienne infirmière, Mandy s’est d’abord essayé au tournage en prenant quelques cours. Passionnée par la nature et par toutes les possibilités formelles qu’elle inspire, elle s’est très vite tournée vers le modelage. C’est ainsi qu’elle a commencé par associer les deux approches dans ses œuvres sculpturales.
Ses pièces mettent à l’honneur la beauté des imperfections de la nature. Fleurs ou fruits, on ressent une grande influence du monde marin également. Le rythme modulaire traité en surface donne une certaine mouvance aux pièces. Mandy accentue ce phénomène en jouant avec des zones émaillées et d’autres non-émaillées. Toutefois, la blancheur emprisonne la pureté organique qu’elle reflète. Cette dernière peut s’accompagner de teintes pastel très subtiles.

L’artiste utilise uniquement la porcelaine Southern Ice importée d’Australie. En effet, la Nouvelle-Zélande ne produit pas de porcelaine. Les autres terres locales manquent de plasticité et sont difficiles à travailler pour obtenir un rendu délicat.
Pour des raisons pratiques et logistiques, Mandy a choisi d’installer son atelier chez elle, où elle y travaille tous les jours.

C’est en présentant timidement sa candidature à Artform Gallery à Matakana (près d’Auckland), que Mandy participe à sa première exposition collective en 2018. Cette dernière mettait à l’honneur les créations des céramistes de la région de Nelson. Depuis, le succès la pousse à exposer dans d’autres galeries à travers le pays et bientôt à l’étranger !

Souhaitant faire évoluer son travail, Mandy envisage d’accorder plus d’importance à la grande dimension. Se tourner vers une combinaison céramique-verre l’intrigue également.

Notre rencontre se poursuivra autour d’un délicieux café et se terminera au marché local où elle me présentera à un de ses confrères céramistes, également fournisseur en céramique.

 

Site internet de l’artiste: http://www.mandygargiuloceramics.co.nz/