24 octobre 2018

Elle a été l’une de mes références artistiques lors de ma formation à Vevey, j’ai eu l’opportunité de découvrir ses œuvres lors de l’exposition « C’est le bouquet ! » à la Fondation Bernardaud à Limoges début 2018, et me voilà aujourd’hui chez elle, à Sydney !

 

A quelques jours de son départ pour Mexico, Susan Hipgrave me reçoit chaleureusement chez elle, à Sydney.

La maison est incroyable et baigne dans une lumière pure. L’architecture, s’articulant autour de belles ouvertures, présente des pièces de collections, le plus souvent en céramique. L’atmosphère se veut à la fois douce et minimaliste.

Mais à l’intérieur, on ressent surtout l’âme d’une maison d’artistes. En effet, on peut dire que Susan vit dans un environnement où la création est contagieuse… Ses peintures sur porcelaine accrochées au mur cohabitent avec les œuvres céramiques de sa fille Nina mais également avec les sculptures de verre créées par son mari Edward Warin.

La maison est à la fois un espace de vie et un espace de travail. Susan peint dans sa chambre et son mari occupe une seconde partie de la maison à laquelle on peut accéder en traversant la cour intérieure.

Auparavant directrice artistique durant une vingtaine d’années, Susan s’éprend de la céramique, et plus spécifiquement de la peinture sur porcelaine, en 2005. Son travail, qui se veut toujours en noir et blanc, mise sur les jeux graphiques, tels des négatifs.

Collectionneuse de livres d’histoires naturelles et de planches d’études encyclopédiques, la faune et la flore sont ses thèmes de prédilection. Ses dernières œuvres peintes sur assiettes représentent essentiellement des oiseaux.

Susan ne reproduit pas pour reproduire. Elle sélectionne une zone, extrait une partie, isole un élément, pour en donner une lecture nouvelle qui se détache du fond. Volontairement, elle bouleverse les échelles. L’arrière-plan est blanc, toujours abstrait. L’assiette devient la lunette d’un microscope, donnant accès à des détails bien choisis, parfois à la limite de l’étrange.

Le décor est exécuté avec des pinceaux très fins, similaires à ceux qui étaient utilisés par les peintres de la faïence de Delft, dit-elle. Pour conserver l’extrême précision du dessin, l’assiette n’est pas émaillée. L’aspect mat de la porcelaine crémeuse est intéressant et participe à la relecture moderne du motif.

Le rythme de travail de Susan n’est pas régulier. Les sessions peuvent être longues, courtes, distribuées dans la semaine, le plus souvent sur un fond de podcast. Avec un tel souci du détail et le challenge de tracer un trait toujours plus fin, il lui faut environ un mois pour produire une assiette!

 

Partir d’une œuvre trouvée sur internet et remonter à sa source, son lieu physique de création, constitue un chemin intéressant ! J’ai vraiment apprécié l’opportunité de rencontrer l’artiste et de découvrir son processus de création en toute intimité.

 

Site internet de l’artiste: http://www.susanhipgrave.com/